Il faut savoir que je ne travaille en Petite Section que depuis l'année passée.
Mes trois années précédentes, je les ai passées avec les Cycle 3 de l'école. Tout d'abord la classe de CM1-CM2 puis celle de CE2-CM1 pendant 2 ans.
Les CM2 de 2009-2010 sont donc mes anciens CE2.
Et je les retrouve deux fois par semaine pour faire l'anglais.
Je les retrouve aussi lors des temps d'Aide Personnalisée (mise en place avec le gouvernement).
Et parfois, je me rends compte que mes Petits sont des élèves plus faciles que ces affreux grands!
Point numéro 1 : le bruit.
Dans ma classe de TPS-PS, c'est calme, très calme. Le meilleur moment étant celui où je donne les consignes, qu'ils écoutent quasi religieusement. Quand ils sont seuls sur la cour, on a presque l'impression qu'il n'y a personne tant ce sont des jeux calmes et peu bruyants.
Chez les CM2, il faut râler, grogner, crier, punir pour obtenir le silence. Il est vrai aussi que comme chez les CM2 il y a un peu de répondant face à mon humour vaseux, on rigole souvent, et ça n'aide pas à obtenir le silence. Mais tout le temps ils discutent les consignes, rechignent, bavardent.
Point numéro 2 : la grossièreté.
Avec les Petits, on essaie d'apprendre à ne pas rigoler, à ne pas s'offusquer non plus, en cas de pet ou de rot. On apprend que c'est la nature, que ça arrive et qu'alors on dit pardon. Les vilains mots ne sont pas tolérés et méritent tellement peu d'attention qu'ils sont très peu entendus en classe ou sur la cour.
Chez les grands, c'est terrible. Leur mot du moment, c'est "prout". Si si... C'est dire si c'est raffiné ou élevé comme humour. "Prout", c'est leur réponse à toute remarque d'un camarade, à toute question. Ils ont l'humour gras à Troupaumec! Une phrase se ponctue d'un "Prout". Et en Aide Personnalisée d'anglais, nous travaillions sur les sons et ces jeunes gens devaient eux-même dire les mots et les classer en fonction du sons. Chaque mot était suivi d'un "prout". J'ai cru que j'allais les étrangler sur place.
Point numéro 3 : les manteaux.
Mes petiots sont tout mignons et aiment être mis en valeur. En ce moment, ils essaient de fermer leurs manteaux seuls. Je ne parle pas de les enfiler car ça, il est hors de question que je donne un coup de main puisqu'ils savent tous le faire. Non, là, ce sont vraiment les boutons à passer dans la boutonnière ou la fermeture éclair à zipper. Le contrat est simple : ON ESSAIE! Et quand on a vraiment bien essayé, alors on a droit aux félicitations, devant tout le monde évidemment. Et j'annonce haut et fort les prénoms de ceux qui ont réussi à fermer seuls. Qu'est-ce qu'ils sont fiers!
Sans oublier que par ce temps, ils sont nombreux à avoir une belle écharpe. Et que ça, c'est forcément la maîtresse ou l'ATSEM qui la met, ça permet de la faire admirer.
Mais les grands, ces odieux petits personnages, la séance d'anglais terminée se précipitent sur la cour : sans manteau. Je gueule crie un bon coup et hop, ils reviennent attraper leur veste. je grogne à nouveau et ils daignent la passer leur les épaules. Si je menace de les mettre à l'amende, alors ils ferment leur manteau. Et sur la cour, sitôt que j'ai le dos tourné, ils s'empressent de l'enlever pour jouer. Et quand enfin je regarde ce qu'ils font, je re-gueule crie comme un putois "MANTEAUX!!!" Non parce que sérieusement, quand il fait froid, crier sur la cour, c'est le meilleur moyen de perdre sa voix. Alors j'économise les mots (maux?)
Point numéro 4 :les toilettes.
Avec les petits, nous allons aux toilettes à deux moments de la journée : après le regroupement, vers 9h25. Et après la récréation, vers 11h. Occasionnellement, il arrive qu'un enfant ait besoin d'y aller en dehors de ces moments. Pas de souci, il se dépatouille comme un grand et a parfaitement le droit d'y aller, peu importe le moment de la journée. Mais c'est très rare qu'ils aient besoin.
Mais les grands, eux, sont des vessies sur pattes. Déjà, les filles ont forcément besoin d'y aller par 3-4 (notons comme cette tendance perdure une fois adulte) mais dès qu'un garçon demande à y aller pendant la classe, on peut être sûr que 5 autres garçons auront besoin d'y aller, eux aussi, comme par hasard. Et franchement, il ne se passe pas une journée sans qu'un môme demande à aller "se laver le mains" alors qu'on donne une explication super importante. Quant au lavage de main qui suit tout passage aux toilettes, il est illusoire d'y croire encore.
Point numéro 5 : se ranger.
C'est vrai, ça prend du temps. C'est vrai, ça oblige à beaucoup se répéter. Mais quelle fierté d'avoir un beau rang bien droit, avec des enfants bien rangés deux par deux. Et exigence suprême : une fille donnant la main à un garçon. Et quand on avance, le rang ressemblera de plus en plus à un rang. Il se déformera de moins en moins (j'avoue, nous n'en sommes pas encore à ce stade!)
Avec les grands, c'est la croix et la bannière. Bien évidemment, pas question de leur faire se donner la main. Faut pas pousser mémé dans les Urtica Dioica. Mais quand même, deux par deux, c'est faisable en CM2. Pourtant, il faut croire qu'ils ne parviennent pas tous à compter jusqu'à 2 ou 3. Souvent, au lieu d'un rang, nous avons une masse aglutinée. Et si on a le malheur de se déplacer en rang... Alors rien à voir avec la belle image d'Epinal des enfants d'autrefois. Non, là, ça gesticule, ça se pousse dans les buissons (quand ça ne se pousse pas sur la route!!!), ça saute, ça beugle (avec les petits, nous chantonnons), ça s'esclaffe, ça court, ça traîne...
Point numéro 6 : ranger (tout court).
C'est marrant avec les petiots : ils aiment l'ordre. Ils aiment savoir où se rangent les jeux, pouvoir aller les chercher eux-mêmes. Pour autant, cette année, j'ai tenté UN unique meuble de rangement pour le matériel des ateliers. Et depuis 1 mois et demi, la question demeure : "Maîtresse, ça se range où ça?" Et la réponse, immuable : "Dans l'étagère jaune". Mais ils rangent. Parfois, il faut aller les bouger de leur banc de regroupement (sont monomaniaques : toujours au même endroit sur le banc). Mais ils finissent tous par ranger.
Alors que les grands... Ah les grands... Spécialistes du bordel organisé? Toujours tout de sorti sur leur table. Jamais rien de rangé. Et bien sûr, avant de sortir en récré, la consigne de la maîtresse : "Je ne veux plus rien sur vos tables que votre trousse, et tous les crayons dans la trousse". Et encore une fois, la maîtresse qui leur court après au cri de "Mahcin : ta table!", "Truc : tu n'as pas rangé ton agenda", "Bidule, c'est quoi ce tas de cahiers dans le coin?". Et ce, après leur avoir couru après au sujet des manteaux...
Mes trois années précédentes, je les ai passées avec les Cycle 3 de l'école. Tout d'abord la classe de CM1-CM2 puis celle de CE2-CM1 pendant 2 ans.
Les CM2 de 2009-2010 sont donc mes anciens CE2.
Et je les retrouve deux fois par semaine pour faire l'anglais.
Je les retrouve aussi lors des temps d'Aide Personnalisée (mise en place avec le gouvernement).
Et parfois, je me rends compte que mes Petits sont des élèves plus faciles que ces affreux grands!
Point numéro 1 : le bruit.
Dans ma classe de TPS-PS, c'est calme, très calme. Le meilleur moment étant celui où je donne les consignes, qu'ils écoutent quasi religieusement. Quand ils sont seuls sur la cour, on a presque l'impression qu'il n'y a personne tant ce sont des jeux calmes et peu bruyants.
Chez les CM2, il faut râler, grogner, crier, punir pour obtenir le silence. Il est vrai aussi que comme chez les CM2 il y a un peu de répondant face à mon humour vaseux, on rigole souvent, et ça n'aide pas à obtenir le silence. Mais tout le temps ils discutent les consignes, rechignent, bavardent.
Point numéro 2 : la grossièreté.
Avec les Petits, on essaie d'apprendre à ne pas rigoler, à ne pas s'offusquer non plus, en cas de pet ou de rot. On apprend que c'est la nature, que ça arrive et qu'alors on dit pardon. Les vilains mots ne sont pas tolérés et méritent tellement peu d'attention qu'ils sont très peu entendus en classe ou sur la cour.
Chez les grands, c'est terrible. Leur mot du moment, c'est "prout". Si si... C'est dire si c'est raffiné ou élevé comme humour. "Prout", c'est leur réponse à toute remarque d'un camarade, à toute question. Ils ont l'humour gras à Troupaumec! Une phrase se ponctue d'un "Prout". Et en Aide Personnalisée d'anglais, nous travaillions sur les sons et ces jeunes gens devaient eux-même dire les mots et les classer en fonction du sons. Chaque mot était suivi d'un "prout". J'ai cru que j'allais les étrangler sur place.
Point numéro 3 : les manteaux.
Mes petiots sont tout mignons et aiment être mis en valeur. En ce moment, ils essaient de fermer leurs manteaux seuls. Je ne parle pas de les enfiler car ça, il est hors de question que je donne un coup de main puisqu'ils savent tous le faire. Non, là, ce sont vraiment les boutons à passer dans la boutonnière ou la fermeture éclair à zipper. Le contrat est simple : ON ESSAIE! Et quand on a vraiment bien essayé, alors on a droit aux félicitations, devant tout le monde évidemment. Et j'annonce haut et fort les prénoms de ceux qui ont réussi à fermer seuls. Qu'est-ce qu'ils sont fiers!
Sans oublier que par ce temps, ils sont nombreux à avoir une belle écharpe. Et que ça, c'est forcément la maîtresse ou l'ATSEM qui la met, ça permet de la faire admirer.
Mais les grands, ces odieux petits personnages, la séance d'anglais terminée se précipitent sur la cour : sans manteau. Je gueule crie un bon coup et hop, ils reviennent attraper leur veste. je grogne à nouveau et ils daignent la passer leur les épaules. Si je menace de les mettre à l'amende, alors ils ferment leur manteau. Et sur la cour, sitôt que j'ai le dos tourné, ils s'empressent de l'enlever pour jouer. Et quand enfin je regarde ce qu'ils font, je re-gueule crie comme un putois "MANTEAUX!!!" Non parce que sérieusement, quand il fait froid, crier sur la cour, c'est le meilleur moyen de perdre sa voix. Alors j'économise les mots (maux?)
Point numéro 4 :les toilettes.
Avec les petits, nous allons aux toilettes à deux moments de la journée : après le regroupement, vers 9h25. Et après la récréation, vers 11h. Occasionnellement, il arrive qu'un enfant ait besoin d'y aller en dehors de ces moments. Pas de souci, il se dépatouille comme un grand et a parfaitement le droit d'y aller, peu importe le moment de la journée. Mais c'est très rare qu'ils aient besoin.
Mais les grands, eux, sont des vessies sur pattes. Déjà, les filles ont forcément besoin d'y aller par 3-4 (notons comme cette tendance perdure une fois adulte) mais dès qu'un garçon demande à y aller pendant la classe, on peut être sûr que 5 autres garçons auront besoin d'y aller, eux aussi, comme par hasard. Et franchement, il ne se passe pas une journée sans qu'un môme demande à aller "se laver le mains" alors qu'on donne une explication super importante. Quant au lavage de main qui suit tout passage aux toilettes, il est illusoire d'y croire encore.
Point numéro 5 : se ranger.
C'est vrai, ça prend du temps. C'est vrai, ça oblige à beaucoup se répéter. Mais quelle fierté d'avoir un beau rang bien droit, avec des enfants bien rangés deux par deux. Et exigence suprême : une fille donnant la main à un garçon. Et quand on avance, le rang ressemblera de plus en plus à un rang. Il se déformera de moins en moins (j'avoue, nous n'en sommes pas encore à ce stade!)
Avec les grands, c'est la croix et la bannière. Bien évidemment, pas question de leur faire se donner la main. Faut pas pousser mémé dans les Urtica Dioica. Mais quand même, deux par deux, c'est faisable en CM2. Pourtant, il faut croire qu'ils ne parviennent pas tous à compter jusqu'à 2 ou 3. Souvent, au lieu d'un rang, nous avons une masse aglutinée. Et si on a le malheur de se déplacer en rang... Alors rien à voir avec la belle image d'Epinal des enfants d'autrefois. Non, là, ça gesticule, ça se pousse dans les buissons (quand ça ne se pousse pas sur la route!!!), ça saute, ça beugle (avec les petits, nous chantonnons), ça s'esclaffe, ça court, ça traîne...
Point numéro 6 : ranger (tout court).
C'est marrant avec les petiots : ils aiment l'ordre. Ils aiment savoir où se rangent les jeux, pouvoir aller les chercher eux-mêmes. Pour autant, cette année, j'ai tenté UN unique meuble de rangement pour le matériel des ateliers. Et depuis 1 mois et demi, la question demeure : "Maîtresse, ça se range où ça?" Et la réponse, immuable : "Dans l'étagère jaune". Mais ils rangent. Parfois, il faut aller les bouger de leur banc de regroupement (sont monomaniaques : toujours au même endroit sur le banc). Mais ils finissent tous par ranger.
Alors que les grands... Ah les grands... Spécialistes du bordel organisé? Toujours tout de sorti sur leur table. Jamais rien de rangé. Et bien sûr, avant de sortir en récré, la consigne de la maîtresse : "Je ne veux plus rien sur vos tables que votre trousse, et tous les crayons dans la trousse". Et encore une fois, la maîtresse qui leur court après au cri de "Mahcin : ta table!", "Truc : tu n'as pas rangé ton agenda", "Bidule, c'est quoi ce tas de cahiers dans le coin?". Et ce, après leur avoir couru après au sujet des manteaux...
La pédagogie, c'est l'art de répéter les choses, dit-on...
Mais pourquoi désaprennent-ils tout???
Mais pourquoi désaprennent-ils tout???